Ils avaient tous su rester discrets. En dépit des arrestations massives qui ont touché peu ou prou toutes les familles nationalistes depuis le début de l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac, les membres du commando accusés hier de l'avoir assassiné n'avaient pas été interpellés depuis quinze mois.
Alain Ferrandi, 39 ans, gérant du garage Hertz à l'aéroport de Campo dell'Oro, à Ajaccio. Il s'était retiré du FLNC vers 1992-1993, en raison, selon un de ses proches, «de la dérive fratricide» du monde nationaliste. Pour lui, le tournant, c'est l'assassinat de Robert Sozzi, le 15 juin 1993. Homme de gauche, comme Ferrandi, et premier à avoir été tué par ses frères d'armes du FLNC, pour ce qui est apparu à la plupart des militants comme un prétexte. Ferrandi, longtemps présenté comme l'un des responsables du FLNC dans la région Sagone-Cargèse, avait pris, depuis, ses distances. Ancien agriculteur, il avait été associé dans une bergerie avec José Santoni, soupçonné d'appartenir lui aussi au FLNC et actuellement en détention depuis un attentat contre la gare maritime d'Ajaccio en 1996. Hier, avant qu'il ne passe aux aveux, ses employés à l'aéroport ne le voyaient pas du tout mouillé dans l'assassinat. «Il est père de famille et s'était retiré de la politique depuis la naissance de son fils, explique l'un d'eux. Ce n'était pas un acharné.» Mais un gros travailleur. Ne voulant rien devoir à la famille Filippi, qui contrôlait pour le Canal historique la concession




