La droite n'a pas de chance. Au moment où elle s'apprêtait à censurer le gouvernement pour l'affaire Bonnet, c'est l'affaire Erignac qui semble se dénouer. La coïncidence de date sert tellement le gouvernement que l'on va probablement hurler au sabotage politique, sur les bancs de l'opposition. La thèse du complot visant à détourner la motion de censure de son objet est tentante; elle devrait donc être tentée. Au risque d'oublier que la procédure en cours est contrôlée par la section antiterroriste du parquet de Paris, qui ne passe par pour un repaire de socialistes, et que les suspects qui sont passés aux aveux n'avaient certainement pas pour préoccupation de faire de l'ombre aux interventions de MM. Bayrou, Dominati et Sarkozy à l'Assemblée.
Pourtant, l'accélération brutale en quelques jours d'investigations qui piétinaient depuis quinze mois laisse perplexe. Certes, une enquête judiciaire n'est jamais exempte de pistes nouvelles, d'indices inédits, mais le commando qui a été «confondu» était connu des enquêteurs depuis le début, ou presque. S'est-on précipité par crainte que le préfet Bonnet livre quelques secrets compromettants sur la procédure antérieure?
Tout est possible, mais une page semble, de toute façon, tournée en Corse. Car, en remontant le temps, il est vraisemblable que les errements des gendarmes pyromanes et d'un préfet hors norme ne se seraient pas produits si l'Etat n'avait pas paru impuissant à élucider le meurtre de Claude Erignac. Un certain sentiment in




