L'un a la démarche lente, style balourd. L'autre trottine derrière.
A 72 ans, Charles Pasqua se ménage. Et ne ménage pas ses conseils à Philippe de Villiers. Pour mieux durer. C'est long une campagne. Et le sénateur des Hauts-de-Seine en connaît un rayon. Il évite le stress. Avec une petite sieste autant que possible. Et il joue au comique, le plus souvent. «C'est toi Laurel, c'est moi Hardy», chantonne-t-il au député de Vendée. Il dit «bonjour» ou «au revoir» à tout le monde. Partout. Et plus particulièrement aux policiers. En uniforme ou en civil, qui sont pléthore à ses basques. «A la mesure de ma capacité de nuisance», rigole-t-il. Que le vicomte manque à la politesse, il le rattrape par la manche. Il fait attention à l'intendance et aux salmonelles. Sa caisse de saucissons corses et son rosé de Provence le suivent partout. C'est du sûr pour l'après-meeting, contrairement au champagne et, surtout, aux petits fours sortis et remis dans le réfrigérateur, qui ont la préférence de son colistier. «T'as tort», lui glisse-t-il dans le creux de l'oreille. A moins qu'il ne lui dise de la jouer simple pour caresser la fibre populaire: «Retire ta cravate, sinon t'auras l'air d'un plouc» devant des éleveurs taurins camarguais. Pasqua a tout du papy flingueur. Et l'autre suit, se fait tout petit, proclame son «respect filial» pendant les conférences de presse: «Philippe, parle plus fort"» «Oui, Charles.» Fidélité. Parti en croisade, le 1er janvier, contre le traité d'Amsterdam, l'




