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tribune

Une gauche s'éteint, une autre s'éveille.

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La défaite électorale de la gauche européenne fait apparaître l'écologie comme une alternative à la social-démocratie.

ParAlain Lipietz
député européen écologiste.
Publié le 18/06/1999 à 23h12

Et si l'on analysait ces élections normalement, c'est-à-dire comme des élections politiques européennes? Evidemment, nous en savons nettement plus long sur la circonscription «France». Mais essayons.

1. La gauche a perdu les élections européennes. L'ambition de construire une Europe à la fois fédérale et sociale, en s'appuyant sur l'expression directe des citoyens, le Parlement élu, s'estompe. Ce Parlement sera moins passionnant que prévu. Cependant, dans le Parti populaire européen, chez les libéraux, existent de fortes tendances fédéralistes. Il est probable que ce Parlement exercera au moins ses ambitions sur des thèmes d'intérêt général: l'environnement, la sécurité alimentaire" 2. Cette défaite de la gauche frappe de vieilles social-démocraties comme la Belgique et les Pays-Bas, mais surtout trois grandes circonscriptions que la gauche venait de conquérir après une longue éclipse: le Royaume-Uni, l'Italie et l'Allemagne. De tels désastres ne peuvent être imputés à l'usure du pouvoir, mais à des fautes majeures commises immédiatement avant le vote. En revanche, la gauche française confirme une victoire vieille de deux ans. L'intérêt de ces élections simultanées, sur des circonscriptions où la gauche a pratiqué des politiques différentes, est justement de pouvoir se livrer à une discussion approfondie, presque expérimentale.

3. La faute des social-démocraties anglaise et allemande apparaît d'autant plus clairement qu'elle est bien connue des Français. C'est la profession de

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