Il n'a rien vu venir et n'a toujours pas retrouvé ses lunettes.
Depuis la défaite de la droite aux européennes, Jacques Chirac est dans le brouillard. Il a beau retourner la question dans tous les sens, il n'a pas de solutions pour pacifier l'opposition. Le temps presse. Le 14 juillet, à l'occasion de la traditionnelle garden-party à l'Elysée, le chef de l'Etat devra bien envoyer un message à ses troupes. Il reçoit à tour de bras. L'un de ses derniers visiteurs: «Je ne sais pas s'il voit quelque chose. Il veut rester en dehors des querelles, tout en ayant conscience qu'être attentiste n'est pas la bonne solution.» Seule certitude du président de la République: il est beaucoup trop tôt pour lancer une contre-offensive. Pourtant, dans la débâcle générale, il est pressé de toute part. La semaine dernière, les députés «refondateurs» de DL, représentés par Dominique Dord, lui ont clairement demandé d'indiquer la voie à suivre pour l'opposition. Des responsables du RPR le poussent dans ce sens et commencent à s'inquiéter des tirs convergents sur le chef de l'Etat, qualifié par certains de «Tiberi de l'an 2000». «Il y a un vertige suicidaire au RPR, on ne devrait pas s'acharner sur le dernier pôle qui tient encore», observe un élu gaulliste. Le même estime que seul Chirac est capable de réunifier tous les morceaux du puzzle de la droite.
Coups à prendre. Les membres du «groupe des quatre», les RPR Dominique Perben et Michel Barnier, l'UDF Jacques Barrot et le DL Jean-Pierre Raffar




