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Enquête

«C'est pas une vie, faites quelque chose».Strasbourg tente un dialogue avec ses jeunes. Difficile.

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Publié le 29/06/1999 à 23h04

Strasbourg de notre correspondante

Une dizaine de jeunes attendent. Hésitent, font mine de repartir, se ravisent. Ils finissent par entrer, en bloc, dans la salle de réunions et filent s'asseoir au fond. Jean-Claude Richez, adjoint au maire (PS) de Strasbourg, explique qu'il s'agit d'instaurer un échange entre les élus et les jeunes. Qu'il n'existe aucun lieu de dialogue entre les uns et les autres. Que les 18-25 ans font fort peu usage de leur droit de vote et qu'en conséquence, ils sont facilement sacrifiés sur l'autel d'électeurs plus vindicatifs. Bref, aujourd'hui, la parole est à eux: depuis trois mois, Strasbourg organise des «forums» (une dizaine en tout, un par quartier) pour «écouter» ses jeunes. Dans quelques mois, la ville mettra en place un «conseil consultatif de la jeunesse» pour tenter de pérenniser ce dialogue précaire.

Car la démocratie locale est un combat. Pour le premier forum, un samedi de mars, les associations ont été mobilisées, des tracts ont été distribués dans toutes les boîtes aux lettres. Vingt-cinq jeunes répondent au rendez-vous. C'est peu. L'avenir montrera que c'est beaucoup. Pour le deuxième, dans un autre quartier, il n'y a personne. Ils sont" trois lors du troisième, en centre-ville, où logent une bonne partie des 50 000 étudiants strasbourgeois. Les autres réunions tournent autour de 20-30 personnes: des représentants d'associations et des jeunes qui préfèrent le fond de la salle. Ceux-là n'ont pas l'habitude de la parole. Se méfient des m

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