Moderato cantabile. Jacques Chirac s'accroche à son concept de
«cohabitation constructive». Et n'entend pas vraiment l'amender lors de sa prestation télévisée d'aujourd'hui. Après l'avoir évoqué au lendemain de la victoire de la gauche aux législatives en 1997, le chef de l'Etat juge qu'il est encore trop tôt pour tirer un trait définitif sur ce modus vivendi institutionnel comme le poussent à le faire Valéry Giscard d'Estaing, apôtre du quinquennat, ou Philippe Séguin, ex-président démissionnaire du RPR reconverti en apôtre du régime présidentiel. Question de rapports de force. Avec les européennes, la droite a essuyé son troisième échec électoral en deux ans. Privé d'assise, Jacques Chirac préfère caresser sa cote de popularité, son seul atout en vue de la «reconquête», plutôt que d'engager un bras de fer avec Lionel Jospin. «Le jeu est difficile», a expliqué hier, sur RTL, Patrick Devedjian, porte-parole du RPR, en insistant sur le «rôle d'arbitre» du chef de l'Etat: «Je ne lui recommande pas de durcir» la cohabitation. «Son rôle est d'assurer le bon fonctionnement des institutions mais il peut montrer aussi qu'il est différent.» Pour le sous-titrage, le député-maire d'Antony, qui a ses entrées à l'Elysée, a ajouté: «Les Français apprécient sa loyauté, mais l'électorat de l'opposition a besoin de comprendre que, tout en étant loyal, il est différent.»
L'exercice n'est pas nouveau. Jacques Chirac s'exerce à un tel grand écart depuis sa dissolution manquée. Sans convaincre s




