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Libération
UN ETE 99. Mes plus belles bourdes (3/5).

«J'ai déjà vu cette tête».

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Surprise de Patrick Devedjian, député RPR des Hauts-de-Seine, face au président de l'Arménie.

Publié le 25/08/1999 à 0h13

Ma femme voulait partir à Venise pour notre voyage de noces. Par pur anticonformisme, j'ai refusé. C'était en 1969. Et nous nous sommes retrouvés à Ibiza, une île de cons, le meilleur moyen de bronzer idiot. Du coup, j'ai attendu dix ans pour voir Venise. Dix ans pour croire entretenir un rapport exclusif avec cette ville qui avait accueilli tout la culture byzantine, moi dont la famille est originaire de Constantinople" Quand Alain Juppé a publié son livre, la Tentation de Venise, j'ai été un peu étonné. Surtout jaloux. Soudain, j'ai compris que ce que je croyais être le seul à avoir repéré, d'autres l'avaient aussi découvert. Je n'en ai pas parlé à Juppé. J'ai pensé: «Cette ville est pour les gens de droite.» Le fait que François Mitterrand l'ait adorée me renforce dans cette idée. Je comprends la fascination qu'elle exerce. Comme une attirance malsaine dont il faudrait se détourner. Elle est fardée comme une prostituée, dont tout le monde tombe amoureux et qui se donne à tout le monde. Elle invite à une vraie réflexion sur le sens de la vie politique: le progrès n'est pas indéfini.

Ne pas avoir la «comprenette» rapide peut jouer des tours. En 1990, les Russes ont arrêté douze indépendantistes du comité Haut-Karabakh. Pour tenter de les libérer, les Arméniens ont demandé à des responsables politiques occidentaux de les parrainer. Ils sont venus me voir afin que j'intervienne auprès de Jacques Chirac. Il a aussitôt accepté et envoyé un télégramme à Gorbatchev. Quelques mois

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