Pas de caillasses. Juste deux gravillons pour solde de tout compte.
Pas de quoi faire déraper la cohabitation. Pour la première fois depuis l'incident de Jérusalem, Jacques Chirac et Lionel Jospin se sont retrouvés, hier, à l'Elysée pour le tête-à-tête hebdomadaire qui précède le Conseil des ministres. Avec la volonté de clore cet épisode. Et chacun avec une idée bien précise sur le score final.
Le Conseil des ministres a été «tout à fait normal», a concédé Jospin. A un bémol près. Le ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a rendu compte du voyage en Israël «dans une version plus proche de celle donnée à l'Assemblée nationale par le Premier ministre que celle de Jérusalem», d'après un conseiller de l'Elysée. Le chef de l'Etat a pris la parole aussitôt après: «Je voudrais ici solennellement rappeler, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, qu'en toute circonstance l'intérêt de la France commande qu'elle parle d'une seule voix. Je vous demande d'y être attentifs.» Et point final.
Pas tout à fait. Sortant de l'Elysée, Jospin a repris la parole pour minimiser la portée de l'avertissement présidentiel. Il y a eu «une communication du ministre des Affaires étrangères, une phrase de [lui], une phrase du Président», a-t-il dit dans la cour du palais présidentiel. De retour à Matignon, il a poursuivi le récit de son explication de gravure avec le chef de l'Etat. «Cela s'est passé très tranquillement, comme cela doit se passer et se passe entre nous




