Au coeur de «la mutation», l'identité communiste. Aucun adhérent du
PCF n'échappe à cette interrogation existentielle. Les débats préparatoires au XXXe congrès du PCF, qui se tient en fin de semaine à Martigues (Bouches-du-Rhône), permettent de mesurer tout à la fois les impatiences des militants face à la révolution voulue par Robert Hue et les inquiétudes devant ce saut vers l'inconnu. La conférence fédérale des adhérents de Seine-Saint-Denis (en fait, un minicongrès), qui s'est tenue durant quatre jours entre jeudi et hier, a reflété le désarroi et la fièvre devant le projet de Hue: «Construire un nouveau Parti communiste.»
Autoflagellation. Dans ce fief des «refondateurs» communistes, rangés derrière Hue, les opposants à la modernisation du PCF rament à contre-courant. Les sept textes en discussion sont passés à la moulinette. Amendés, ils ont tous été approuvés par l'immense majorité des 300 délégués. Le document sur «la question du communiste», qui jette un regard cru sur le passé stalinien du PCF, en trouble plus d'un. Ça tourne parfois à l'autoflagellation. Dans les couloirs, certains regrettent que la condamnation de l'URSS et de ses «crimes» soit «unilatérale». «On oublie l'apport du PCF, le Front populaire, la Résistance"», relève Pierre. «C'est la social-démocratie, c'est le stalinisme qui ont échoué, pas le communisme», proteste Jean-Jacques Karman, animateur de la Gauche communiste. Membre, lui aussi, de ce courant orthodoxe, Emile Fabrol dénonce «la caricature»




