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GRAND ANGLE. Delanoë et Labarrère, deux styles.

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Publié le 01/04/2000 à 0h21

Bertrand Delanoë a réfléchi deux mois avant d'accepter de répondre

«oui je suis homosexuel» en novembre 1998 au journaliste de Zone Interdite. «Dans son esprit, il préparait déjà sa candidature à la mairie de Paris. Il savait que la bataille serait dure, et que les dégâts seraient importants si on évoquait son homosexualité de façon malveillante», explique un de ses amis. Un an plus tôt, André Labarrère avait officialisé une homosexualité qu'il affichait avec jubilation, au point de lasser. A 70 ans, après quatre mandats, et au milieu d'un procès pour «harcèlement sexuel» l'opposant à un de ses employés, le style Labarrère a juste gagné un peu d'ampleur ­ «Comme si j'avais besoin de harceler, j'ai les plus beaux mecs de Pau» ­, et le politique n'a pris aucun risque. Delanoë savait qu'il en prenait. Député du XVIIIe, Christophe Caresche s'est également inquiété: «Le risque maintenant pour lui, c'est d'être enfermé dans ce rôle, comme Santini est enfermé dans celui de Guignol.»

Philippe Pécoul, le journaliste de M6 à l'origine de ce coming out, raconte que, durant ces deux mois de négociations, le sénateur socialiste a fait part, sans cesse, de sa «hantise de devenir un Labarrère». «Une partie de ses amis le lui déconseillait, et parlait de suicide politique. Il l'a fait pour un ensemble de raisons. Il y avait la conjonction du débat sur le Pacs, qui avait été rejeté en première lecture. Il avait envie de le faire, pour s'affranchir. Je pense qu'il craignait surtout des débats

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