Si les sondages n'existaient pas, Robert Hue serait en panne
d'idées. Comme il lui arrive souvent, le secrétaire national du PCF s'est appuyé sur l'un d'entre eux, paru le week-end dernier dans le Journal du dimanche, pour virer sur la durée du mandat présidentiel. Selon l'Ifop, trois Français sur quatre sont pour le quinquennat. Robert Hue a aussitôt embrayé et vanté les avantages d'une telle réforme. Sans prévenir personne, il a ainsi rompu avec l'habituel discours communiste sur les institutions de la Ve République qui privilégiait jusqu'à présent le septennat non renouvelable. Le 10 mai encore, Alain Bocquet, président du groupe communiste à l'Assemblée nationale, affirmait: «Nous sommes pour un septennat non renouvelable.» Alors hier, Robert Hue a tenté de rattraper le coup. Evoquant son virage, il a parlé d'«une anticipation». Et l'Humanité a assuré que c'est «après des réflexions internes» que la position du parti a évolué. En fait, le collège exécutif du PCF, l'une des nouvelles instances dirigeantes du parti, a validé mardi soir le propos que le secrétaire national avait tenu le matin dans le Parisien. Hue a plaidé, hier, pour un découplage des deux principaux scrutins. Sinon, a-t-il expliqué, «c'est une accélération de la bipolarisation» dans laquelle seuls les candidats des partis «dominants et hégémoniques pourront prétendre à être élus président de la République». Au détriment des petites formations, dont le PCF. Hue souhaite aussi que le mandat des députés s




