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Libération

Coupables à perpétuité

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Un rapport propose de repenser la durée d'incarcération. En France, la libération conditionnelle est devenue extrêmement marginale.

Publié le 28/06/2000 à 1h49

Patrick Henry peut être libéré demain, la semaine prochaine... ou à la Trinité. Il a été condamné le 19 janvier 1977 à la réclusion criminelle à perpétuité pour enlèvement et assassinat d'enfant. Pour quelque temps encore, la ministre de la Justice a seule le pouvoir de mettre un terme à son emprisonnement à durée indéterminée en lui octroyant une libération conditionnelle. Sa septième demande attend sur le bureau d'Elisabeth Guigou depuis la fin mai, bardée de tous les avis favorables requis (juges d'application des peines, directeurs de prison, psychiatres, magistrats de la chancellerie). C'est un dossier "techniquement acceptable", traduit-on au ministère. Pourtant, Elisabeth Guigou ne se décide pas à signer la levée d'écrou, explique qu'il s'agit d'une des décisions "les plus difficiles" qu'elle ait eu à prendre place Vendôme, qu'il faut tenir compte "des sentiments des parents de la victime". Son entourage affirme qu'aucune date butoir n'a été fixée: "La ministre ne souhaite pas être enfermée dans un délai."

"Débat choquant". "Ce débat autour de Patrick Henry est choquant. La durée moyenne de détention pour les gens qui ont été condamnés à perpétuité est de vingt, vingt-deux ans. Lui a déjà passé vingt-quatre ans en prison et on fait de son cas une exception que rien ne justifie", s'énerve Me Thierry Lévy, nouveau président de l'OIP (Observatoire international des prisons). Selon l'avocat, la ministre hésite pour des considérations étrangères au dossier

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