Panpi Dirrassar, 35 ans, est l'un des porte-parole d'Abertzale Batasuna (AB, Unité des patriotes), la principale force indépendantiste au Pays basque français, classée à gauche. AB était présent le 9 octobre à Bayonne, quand 12 000 personnes ont manifesté pour réclamer la création d'un département basque français.
Ce qu'ont obtenu les Corses favorise-t-il votre combat?
Nous sommes très heureux pour les Corses. Mais nous nous étonnons de la différence de traitement. Nous avons du mal à interpréter le mépris de Paris quant à nos revendications. Si l'on remonte le temps, cette proposition faite aux Corses a été déclenchée après un double attentat. Ici, aucun mouvement violent n'est venu soutenir la demande d'un département basque. Du coup, nous nous interrogeons sur les moyens à mettre en place pour se faire entendre. Jamais nous n'avons été reçus par Matignon, tout juste par Chevènement, qui nous a opposé un net refus.
Vous agitez le spectre de la «prime à la violence»?
C'est un risque qu'a pris le gouvernement. Le risque de donner l'illusion qu'il a fallu deux explosions [à Ajaccio] pour que des élus se regroupent et que des propositions soient faites. L'impatience, ici, n'est pas née avec ce qui vient de se dérouler pour les Corses. L'impatience a toujours été là. Mais aujourd'hui, tous ceux qui ont défendu, comme nous, une méthode consensuelle vont se retrouver désavoués par les faits.
Pourquoi, selon vous, le gouvernement français bloque-t-il sur la revendication d'un départeme




