Cacao envoyé spécial
Trois fois par semaine des dizaines de petits camions de marque japonaise, presque toujours de modèles très récents, empruntent à l'aube les 13 kilomètres horriblement défoncés de la route de montagne qui relie Cacao à la RN2. A leur bord, des Hmongs. Sur la nationale qui traverse la forêt équatoriale guyanaise, le bitume est excellent sur les 50 kilomètres qui restent jusqu'à Cayenne et son marché, but de la noria de camionnettes. Le mauvais état de cette route de montagne est symboliquement à l'origine d'une polémique qui empoisonne la Guyane depuis des semaines. Et qui a réussi à rassembler quasiment toute la classe politique contre l'Etat, accusé (en l'occurrence, par le mouvement divers gauche Walwari) de développer «une idéologie raciste qui est la négation de l'être humain».
«Collaborateurs». En 1977, cent familles hmongs, soit environ 500 personnes, débarquent en Guyane après avoir croupi dans les camps de réfugiés de Thaïlande. Cette minorité vivant sur les hauts plateaux du Cambodge, du Laos et du Viêt-nam, est accusée par les régimes communistes d'avoir «collaboré» avec les Français, puis avec les Américains durant la guerre du Viêt-nam. A leur arrivée, une partie de la gauche et les mouvements indépendantistes guyanais protestent, aux cris de «les Hmongs dehors», «non à la colonisation».
Les réfugiés sont regroupés en pleine forêt, au lieu-dit Cacao, sur le territoire de la commune de Roura, mais à 63 kilomètres du bourg. Une maisonnette de bois




