Drôle de géographie qui voit soudain les partenaires de Jospin au gouvernement se retrouver en alliés objectifs de Chirac pour la présidentielle. Qui voit Verts et communistes rejoindre une Michèle Alliot-Marie, présidente du RPR, qui accuse le Premier ministre de «tripatouillages électoraux». Tout ça parce que celui-ci a proposé, hier, d'inverser le calendrier électoral de 2002 qu'il se refusait à toucher il y a un mois. Pris depuis par une envie d'en découdre avec le chef de l'Etat, Lionel Jospin a mis à mal, hier, l'attelage de la gauche plurielle. La colère est-elle mauvaise conseillère?
Il y a dix jours, recevant à déjeuner les présidents de groupe de la gauche plurielle à l'Assemblée, le chef du gouvernement a fait comprendre à ses convives que l'heure n'était plus à ménager l'Elysée. Outré par la «démagogie» du chef de l'Etat sur la vache folle, Jospin s'est converti au principe d'alternance: coup rendu pour coup reçu. Pugilistique, telle devient la cohabitation à quinze mois de la lutte finale. «Le premier qui dégaine est mort», professait le vieil adage balladurien à propos du couple de cohabitants. Mais même les adages finissent par mourir. Un autre est en passe de remplacer le premier: «Le dernier encore vivant sera le prochain président.»
Chirac pense que des législatives avant la présidentielle auraient l'avantage de contraindre l'essentiel des députés de l'opposition à se ranger derrière lui, ce qui desservirait ses challengers de droite (Madelin, Bayrou) et de g




