Giscard, Juppé, Jospin. Hier, dans l'hémicycle, la bataille du calendrier se jouait à trois. Chacun sur son banc, chacun avec son clan. Et chacun avec son ennemi dans le viseur.
Au printemps, Valéry Giscard d'Estaing avait boudé le débat sur le quinquennat ; cette fois, arrivé à la première heure, il serre toutes les mains qui se présentent, et même celles qui ne se présentent pas.
Quand il monte à la tribune, un grand silence se fait. Mais quand VGE s'inscrit en faux contre l'idée que, dans cette affaire, «on jonglerait avec les dates de ces deux élections comme avec deux boules de billards...», des «oh» étonnés parcourent les bancs. Qui virent à la franche rigolade quand l'ancien président se lâche carrément : «J'avais envisagé une expression plus illustrative encore, mais je ne la citerai pas.»
Eternel cabot, Giscard assure qu'il a évoqué la question de l'inversion du calendrier «dans mon dernier essai politique, remis à l'éditeur en juillet... Et rien ne vous empêche de le lire, monsieur Debré !»
Car, pour l'ex, l'ennemi reste le RPR. Sur les bancs gaullistes, on affiche son mépris pour le débat en cours. Jean-Louis Debré, le patron des députés gaullistes, en grande con versation avec Alain Juppé et d'autres députés chiraquiens, tour ne de façon très ostensible le dos à la tribune.
Depuis que VGE parle, c'est au tour d'Alain Juppé de se faire remarquer, en multipliant les commentaires à mi-voix. A l'évidence, pour cette garde rapprochée du chef de l'Etat, l'ennemi, c'est auta




