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Libération

Chirac met les pieds dans le plat de mouton

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En défendant la viande ovine face à l'Agence des aliments, il met Jospin en position délicate.

Publié le 19/02/2001 à 23h01

Quelle mouche a piqué Jacques Chirac? Hier, en inaugurant le Salon de l'agriculture, le président de la République a créé la surprise en mettant violemment en cause l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Sa faute aux yeux du chef de l'Etat? Cet organisme d'expertise scientifique public vient de mettre en garde les pouvoirs publics contre une éventuelle transmission de l'encéphalopathie spongiforme (ESB) aux moutons (Libération du 16 février). «Irresponsable» pour l'hôte de l'Elysée. «Cette annonce à la veille du salon est une preuve au moins de bêtise et de mauvais goût. C'est une incitation à la panique qui est tout à fait regrettable», a-t-il lancé sans crier gare.

Un peu plus tard dans la matinée, attablé au stand de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Jacques Chirac a enfoncé le clou. Tandis que Jean Glavany, le ministre de l'Agriculture, qui travaille main dans la main avec l'Afssa, s'efforçait de se faire oublier, il y est allé d'un nouveau couplet, flanqué de Luc Guyau, le patron de la FNSEA, qui buvait du petit-lait: «Il n'y a aucune preuve scientifique d'ESB chez les moutons. Le gouvernement ne peut donc pas prendre de mesures.» Et toc pour Lionel Jospin, directement mis en cause par la colère présidentielle.

Une colère qui pourrait laisser sceptiques ceux qui se souviennent de l'intervention télévisuelle solennelle de Jacques Chirac, le 7 novembre. Ce midi-là, sur fond de drapeaux tricolore et européen, il s'

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