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Libération

Le XVIIe à deux vitesses.

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Enjeu, le sort des voies SNCF séparant quartiers bourgeois et populaires.

Publié le 09/03/2001 à 23h56

Ici, même le Franprix a l'air d'une épicerie de luxe. Là, le restaurant coquet a des allures de gargote. C'est le XVIIe arrondissement de Paris. Ou, pour être juste, les XVIIes. Dans la campagne municipale, c'est devenu un lieu commun. L'arrondissement n'est pas un, il est deux, trois, quatre... Mais en tout cas scindé au moins en deux par les voies de chemins de fer partant de la gare Saint-Lazare, une plaie béante.

Quatre quartiers, deux mon des. Le côté bourgeois, haussmannien à l'est. La Plaine Monceau et les Ternes, striés par les avenues chics de Villiers, de Wagram, les boulevards de Courcelles et Pereire. Dans le quartier des Ternes, bourgeoisie d'affaires. A l'est, au-delà de la saignée des voies ferrées, les quartiers populaires. Celui des Batignolles, où s'installent de jeunes couples qui souhaitent se stabiliser. Du coup, le prix du mètre carré commence à s'en ressentir, dans ce coin qui tend à devenir «branché». Plus à l'est, les Epinettes, quartier difficile. Quartier métissé. La question numéro un ici, la sécurité. Pas aux Ternes.

«Infréquentable». L'explication est simple. L'arrondissement est le creuset du développement du chemin de fer. Au début du XIXe siècle, Monceau est un quartier de logements pour ouvriers qui travaillent pour les frères Pereire, pionniers du rail. «C'était un quartier infréquentable. Puis la spéculation foncière a pris le dessus à la fin du siècle», explique l'historien d'art Pierre Wachenheim (1). Les hôtels particuliers fleurissent. C

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