Grenoble envoyé spécial
Pour eux tous, les massacres en Suisse 53 morts en 1994 ont été «une surprise totale», «une chose totalement incompréhensible aujourd'hui encore», un événement «ahurissant». Tous sont d'anciens membres de la Golden Way Foundation, de l'Ordre du temple solaire (OTS) ou de l'Ordre rénové du temple (ORT), autant d'étiquettes désignant des degrés divers d'une même réalité: le groupe qui gravitait autour de Jo Di Mambro.
Hier, devant le tribunal correctionnel de Grenoble, les anciens adeptes se sont succédé, visages enturbannés de foulards, chapeaux ou bérets enfoncés sur les yeux pour échapper, selon l'un d'eux, «à la horde sauvage» des caméras. Pourtant, leur aventure au sein du «groupe», de «la communauté», de «l'ordre», plus rarement de «la secte», aucun ne la regrette. «On ne m'a jamais obligé à faire quoi que ce soit qui soit contraire à ma conscience», assure Liliane, entrée en 1977 à 19 ans, «asthmatique, couverte d'eczéma et cherchant une autre façon de [se] soigner, un autre rapport avec la vie».
«Cape dorée». XX(1), médecin homéopathe, est introduit par son confrère Luc Jouret, grand maître de l'ORT: «Il m'a proposé d'être cape dorée. C'était un grand honneur.» L'enseignement ésotérique qu'il y a reçu lui a permis de «voir des choses merveilleuses», comme «le visage du Christ» apparaissant à la place de celui de sa femme, juste avant qu'elle meure de leucémie. Quant à Charles Dauvergne, militant zélé ordonné «prêtre» de l'ORT par monseigneur La




