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Libération

Fonction publique: un décret mal digéré à gauche

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Des députés ont évoqué hier l'«erreur» de Jospin et Sapin.

Publié le 26/04/2001 à 0h35

Erreur d'appréciation. En interrompant brutalement les négociations salariales avec les fonctionnaires, Lionel Jospin et Michel Sapin, son ministre de la Fonction publique, auraient-ils joué contre leur camp? Hier, le décret augmentant la rémunération des fonctionnaires de 0,5 % au 1er mai a été pris en Conseil des ministres. «Grave erreur», s'exclament des députés, qui rappellent que les agents de la fonction publique sont le coeur de cible de l'électorat de gauche en général, et du PS en particulier. A quelque douze mois de la présidentielle et à quinze des législatives, cela pourrait être lourd de menaces pour la majorité sortante.

«Insatisfaction». «C'est gênant», avoue le radical de gauche Bernard Charles. Le communiste Jean-Claude Sandrier regrette «cette fin un peu brutale». Quant au chevènementiste Georges Sarre, il prédit une «insatisfaction» qui pourrait se traduire par une «épreuve de force» entre gouvernement et salariés de l'Etat. «Une cristallisation qui pourrait être néfaste pour nous», craint lui aussi Bernard Charles.

Mardi, devant les députés, le Premier ministre avait argumenté en faveur de la non-reprise des négociations, suspendues depuis plusieurs semaines, arguant de la «différence essentielle» entre secteur public et secteur privé, «qui justifie que l'on puisse agir de façon différente». Augustin Bonrepaux, ancien président (PS) de la Commission des finances, comprend: «Le gouvernement ne peut pas céder à tout. Il ne peut pas tout le temps faire de l'él

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