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Interview

Christian Dupavillon : «Au Panthéon, il était seul, sous la pluie»

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1981: architecte (photo) 2001: chargé de mission auprès de Jack Lang, au ministère de l'Education nationale

Publié le 04/05/2001 à 0h45

La pluie est un élément important chez moi. Beaucoup d'événements que j'ai organisés pour François Mitterrand ont été contrariés par les orages. Ce fameux 10 mai, par exemple, ça n'a pas manqué. On a dû arrêter la sono vers 23 heures tant il pleuvait: la foule était énorme, on a eu peur. Trois heures plus tôt, on était deux, trois à la Bastille, et on n'en menait déjà pas large: il était 20 heures, podium et matériel sono installés et personne. Le débat à la télé était exceptionnel, tout le monde restait devant son poste. A 20 h 45, toujours pas un chat... Alors, nous avons lancé un appel à la télévision. Peu après, on a vu les premiers arriver. Puis, très vite, le boulevard Beaumarchais s'est trouvé noir de monde, la place aussi. Et l'averse est tombée, torrentielle.

Architecte de formation, je connaissais Jack Lang depuis très longtemps. Le Parti socialiste ­ auquel je n'ai jamais adhéré ­ m'avait confié le soin d'organiser une manifestation européenne à la Bastille. Elle avait été réussie et, du coup, on m'a demandé de réfléchir à une manière de célébrer la victoire de Mitterrand. Voilà pourquoi je me suis retrouvé à régler la manifestation du 10 mai.

Naturellement, on a pensé à moi pour l'intronisation de Mitterrand. Il avait lui-même envisagé le Panthéon et en a parlé à Lang. Pour moi, le nouveau chef de l'Etat devait être seul dans le Panthéon et tout le monde à l'extérieur. Mitterrand a accepté tout de suite. J'ai rédigé un scénario assez simple: Mitterrand remontait la

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