Menu
Libération
Interview

Christian Join-Lambert «Les ultras des deux camps ont fait échouer le projet de réforme»

Réservé aux abonnés

1981: chargé de mission au cabinet d'Alain Savary, ministre de l'Education nationale 2001: magistrat à la Cour de Comptes

Publié le 07/05/2001 à 0h47

Plus encore que du 10 mai, je me souviens des jours et surtout des nuits studieuses qui ont suivi. Nous étions un petit groupe à travailler d'arrache-pied pour bâtir des propositions concrètes pour mettre en oeuvre le «Plan socialiste pour l'Education» dès le soir de la victoire. De ce travail sont sorties les créations d'emploi massives de juin 1981. Elles étaient assorties de deux préalables: repérer les zones en difficulté et donner à des établissements porteurs de projets. Il régnait alors une confiance inouïe. Je me souviens d'avoir reçu des lettres de vieux inspecteurs généraux qui pensaient que nous allions marier le meilleur du plan Langevin-Wallon de l'après-guerre, de la technocratie des années 60, de l'enthousiasme pédagogique des années 70 et de la volonté de changement des syndicalistes. Les idées bouillonnaient, une certaine amitié régnait dans le cabinet de Savary et avec les directeurs du ministère. Certaines idées, par exemple sur les zones d'éducation prioritaire, étaient prises en compte alors qu'elles n'émanaient pas de militants estampillés PS. Les discussions sur le projet de loi sur l'enseignement privé n'ont commencé qu'à l'automne. On avait alors dans l'idée que le service public «unifié et laïc» devait faire place à la liberté d'opinion. Cela faisait longtemps que certains d'entre nous travaillaient ensemble, au sein du PS, sur l'idée d'une laïcité ouverte. Alain Savary se disait agnostique et non athée ­ il revendiquait son droit à dire «Je ne sais

Dans la même rubrique