A gauche, personne ne doute: la victoire du 10 mai permettra la mise en oeuvre de la déjà mythique «proposition 90» du candidat Mitterrand. Il l'a encore martelée deux mois auparavant à Evry devant le PS: «Sans spoliation, ni monopole, sera négociée la mise en place d'un grand service public unifié et laïc de l'Education nationale.» Aussitôt baptisé «Spul» ou «Spulen», ce grand «service public» devient le fer de lance du camp laïc, chauffé à blanc depuis plusieurs mois. Le Comité national d'action laïque (Cnal) l'a rappelé fin janvier 1981: «Depuis vingt ans, l'Etat a accepté ou organisé le vote des lois dont les objectifs sont opposés à ceux du législateur de 1881» comprendre Jules Ferry. Les laïcs ne doutent pas du soutien de l'Assemblée: près d'un député socialiste sur deux est enseignant. Les discussions s'engagent en janvier 1982 avec l'enseignement catholique, essentiellement représenté par le chanoine Paul Guiberteau et Pierre Daniel, alors patron de l'Unapel (Fédération de parents d'élèves de l'enseignement libre). Elles dureront deux ans. Mais alors que le ministère de l'Education nationale, confié à Alain Savary, et les responsables catholiques redoublent de précautions oratoires pour maintenir le dialogue, les ultras des deux camps se déchaînent. Les «calotins» craignent une perte de contrôle totale. Les «laïcards» la réclament. Michel Bouchareissas, patron du Cnal, conjure la gauche de «tenir ses engagements». André Laignel mène la charge pour le PS, dont il es
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Ecole privée/ Ecole publiqueŠ L'impasse.
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Publié le 07/05/2001 à 0h47
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