1981: ministre conseiller de l'URSS à Paris
2001: ambassadeur de la fédération de Russie en France depuis janvier 1999
J'ai passé le 10 mai à l'ambassade. Le conseiller politique nous a fait parvenir les sondages donnant Mitterrand gagnant. C'était prévisible, au moins depuis l'été 1980. Mais ces analyses et pronostics ne soulevaient pas l'enthousiasme à Moscou. Avec Giscard d'Estaing, les rapports furent stables et prévisibles. Moscou s'est même demandé s'il pouvait intervenir pour aider Giscard d'Estaing. L'idée était d'annoncer avant les élections une invitation solennelle de Giscard d'Estaing à Moscou mais ce projet a été abandonné. Le lendemain du 10 mai, je suis allé porter un télégramme de félicitations à François Mitterrand au siège du PS et un autre d'adieux à l'Elysée. J'ai vu Jacques Wahl (alors secrétaire général, ndlr). J'avais apporté une bouteille de vodka et une boîte de caviar. On a bu à 9 h 30 du matin. Je lui ai dit: «C'est comme cela que l'on fait le deuil dans mon pays.» Quant à Moscou, ils ont pris acte. Sans enthousiasme. Pour moi, le 10 mai marque la fin de la diplomatie gaulliste, médiane entre les deux blocs. A l'égard de l'URSS, le PS et Mitterrand étaient beaucoup trop idéologiques. Pour eux, les Etats-Unis étaient un partenaire politique et une menace économique, l'Union soviétique une menace politique, idéologique et militaire, tout en étant un partenaire économique.
On était en pleine guerre froide avec l'affaire des missiles, Sakharov, l'Afghanis




