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Interview

«Le PS doit renouer avec les classes populaires».

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Publié le 09/06/2001 à 1h12

La droite ayant conquis la mairie d'Epinay-sur-Seine en mars, le PS a émigré au Cnit de La Défense pour entamer samedi ses célébrations du trentième anniversaire du congrès d'Epinay. En juin 1971, François Mitterrand s'était emparé du Parti socialiste pour lui redonner une seconde jeunesse en l'inscrivant dans le cadre de la stratégie de l'union de la gauche. Trente ans plus tard, Lionel Jospin tentera de se poser en héritier de la tradition social-démocrate en concluant un grand colloque consacré à «l'idée socialiste». Une idée sérieusement menacée par «la poussée du néolibéralisme», selon Gerasimos Moschonas, professeur de sciences politiques à l'université Pantéion d'Athènes, spécialiste de l'histoire de la social-démocratie (1).

Après tant de conversions, voire d'abandons idéologiques, comment peut-on encore être socialiste en 2001?

La social-démocratie a toujours montré une grande capacité d'adaptation, le changement est l'une de ses constantes. Elle fut anticapitaliste et révolutionnaire, avant d'adopter définitivement le modèle réformiste, après la Deuxième Guerre mondiale. Il existe cependant un double noyau central, immuable, qui repose sur deux caractéristiques: d'une part, l'attribution d'un rôle important à l'Etat, d'autre part, la promotion des intérêts des couches défavorisées. Aujourd'hui, ce noyau historique est en danger. Il est largement amputé par la poussée du néolibéralisme qui met en question ce qu'il y a de plus cher au coeur de la social-démocratie.

C'es

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