Dans sa partie de poker menteur engagée avec le gouvernement, Robert Hue semble en passe d'empocher la mise. Après un week-end de tension, où les leaders du PCF ont fait monter la pression en refusant les propositions d'amendements socialistes au projet de loi de modernisation sociale, l'ambiance entre partenaires est à l'accalmie. Ce sont les socialistes qui ont fait un pas en avant hier matin. «Il faut entendre le Parti communiste», a déclaré le porte-parole du PS, Vincent Peillon, admettant que les propositions d'amendements socialistes étaient «relativement insuffisantes». «Il y a sans doute encore des marges de manoeuvre et d'amélioration», a-t-il ajouté.
Procès. Au PCF, sans être aux anges, on se réjouissait de tels propos: «J'ai l'impression que, du côté du gouvernement et du PS, on se résout à aller sensiblement plus loin», expliquait dans l'après-midi un proche de Robert Hue. Alain Bocquet, patron des députés communistes, a passé une bonne partie de sa journée à négocier téléphoniquement avec ses interlocuteurs socialistes. Retenu par la première journée de son procès sur le financement du parti, le secrétaire national du PCF, qui a obtenu de Lionel Jospin le report à demain du vote solennel sur le projet, est resté informé toute la journée.
Les communistes veulent demeurer inflexibles. Au lendemain de la manifestation qui a réuni samedi, à Paris, quelque 20 000 salariés en butte à des plans de licenciements, ils n'avaient pas de mots assez durs pour disqualifier les




