Foin de solidarité, Robert Hue va la jouer perso pour 2002. Il a décidé de placer sa campagne présidentielle sous le signe de l'éloignement avec Lionel Jospin. Une fois professé «je veux que la gauche gagne», le secrétaire national du PCF est persuadé qu'il ne gagnera lui-même par exemple en distançant la trotskiste Arlette Laguiller et le Vert Alain Lipietz qu'en adoptant une attitude alternative à celle incarnée par le Premier ministre.
«Tiédeur». Pour preuve? Mercredi soir, devant quelque 400 militants communistes et des représentants d'entreprises qui licencient, il a expédié d'une phrase le bilan de la gauche: «Certes, il n'est pas négligeable...» Point final. Pour le reste, il a réservé ses coups de patte à Ernest-Antoine Seillière, «serial killer de l'emploi». Et concentré les plus rudes sur Lionel Jospin, accusé tour à tour de fatalisme lorsqu'il a tenu des «propos désabusés» sur «la prétendue impuissance du gouvernement», après l'affaire Michelin, de «tiédeur», de surdité, puisqu'il «s'obstine dangereusement à ne pas écouter ce qui monte [...] dans le pays» et d'aveuglement en refusant de «remettre résolument et au plus vite le cap à gauche».
Presque débarrassé de son procès sur le financement du PCF (le procureur a refusé de requérir une peine contre lui), Robert Hue retrouve des ailes. Après la mauvaise passe des municipales de mars, il a remonté la pente, en collant aux mouvements des licenciés. Et aussi, grâce à Lionel Jospin, il a pu démontrer l'utilité de se




