Les socialistes se mettent ce week-end, lors de leur université d'été à La Rochelle, «en ordre de marche» pour la campagne présidentielle. Pour «rassembler toute la gauche au second tour», le président de la commission des Finances de l'Assemblée, Henri Emmanuelli, exhorte Lionel Jospin à résister aux «sociaux-libéraux» du PS et à «renouer avec le mouvement antimondialiste».
La baisse des impôts, leitmotiv de Laurent Fabius et du gouvernement, c'est la solution pour remédier à un contexte économique qui se dégrade?
Je ne veux pas rouvrir des débats clos, mais je reste persuadé que pour l'avenir mieux vaudrait diminuer les charges sociales au profit des salaires réels. On ne peut pas à la fois souhaiter se réconcilier avec le mouvement antimondialiste et dire que l'orientation cardinale de la gauche, c'est la baisse des impôts. Je ne pense pas qu'il faille proposer pour les échéances futures une pérennisation de cette politique.
Si Lionel Jospin se conforme à l'adage selon lequel les élections se gagnent au centre, le fossé va se creuser entre gouvernement et gauche radicale?
Au congrès de Grenoble, j'avais dit: «Il ne faut pas que, dans l'avenir, la gauche institutionnelle soit du côté des CRS et la gauche antimondialiste de l'autre côté des barrières.» C'est ce qui, d'une certaine manière, s'est produit à Gênes. Quand on écoute certains sociaux-libéraux, le danger de voir ce fossé se creuser est réel. On peut même se demander si ce n'est pas leur objectif, s'ils ne rêvent pas de rééditer le vieux schéma d'une gauche cassée en deux, dont la partie radicale resterait contestataire et n'aurait pas vocation à gouverner, tandis que le cercle de la raison réunirait au centre les sociaux-libéraux et les démocrates-sociaux. Je suis persuadé que Lionel Jospin en est consc




