La Rochelle envoyé spécial
Comme tous les sept ans, Lionel Jospin redécouvre les mérites de la taxe Tobin... et les langues socialistes se délient. Lui devant et eux derrière, sauf Laurent Fabius, qui persiste à préférer une taxation des ventes d'armes à celle des mouvements de capitaux. Le ministre de l'Economie a réitéré sa suggestion vendredi dans une tribune publiée par les Echos. Cette solution, écrit-il, «comporte deux atouts», puisqu'elle «répond simultanément à l'exigence du développement et à celle de la paix».
Le ricanement d'Henri Emmanuelli lui a répondu vendredi après-midi depuis la tribune de l'université d'été du PS: «Je n'ose imaginer la réaction des victimes qui se diraient: "Finalement, ce n'est pas si grave, car mon sacrifice contribue au développement de mon pays..."» A ses côtés, tous les hiérarques socialistes se sont faits néozélateurs de la taxe Tobin. «On ne peut pas la refuser en disant que c'est irréalisable, parce qu'il nous faut des utopies et qu'avec le temps des utopies se réalisent», a clamé Elisabeth Guigou.
«C'est un objectif que nous soutenons depuis longtemps», a juré Pierre Moscovici. Une occasion de plus de rigoler pour Henri Emmanuelli. «Vilain petit canard» lorsqu'il fut l'un des rares à en approuver le principe à l'automne dernier, à l'Assemblée nationale, le président de la commission des Finances a glissé: «J'ai eu très peur d'être sanctionné. Aujourd'hui, je suis vachement content. Maintenant que Lionel l'a dit, on a le droit...»
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