Trêve de faux-semblant. La coordination Attac de l'Assemblée nationale, représentative de toutes les sensibilités de la gauche plurielle, a hier haussé le ton: «Que Lionel Jospin se prononce publiquement en faveur de la taxe Tobin donne de la légitimité à notre combat. Mais il ne faudrait pas que cette annonce soit suivie d'un constat d'infaisabilité.» Son président, le député PS Yann Galut, prévient: deux amendements seront déposés lors de la discussion budgétaire pour faire acter le principe d'une taxation des transactions financières.
Diversion. Derrière la promesse floue de Jospin d'une «initiative française pour que l'Europe agisse», Bernard Cassen, président d'Attac, a flairé «l'enterrement de première classe». Sa riposte est prête: «Ce que nous voulons c'est la taxe Tobin, tout de suite pour l'Europe.» Les 22 et 23 septembre à Liège, les ministres européens des Finances vont, pour la première fois, discuter de cette taxe devenue symbole de la lutte antimondialisation. Pas question de gâcher cette chance historique de faire avancer le débat.
En ligne de mire: Laurent Fabius. Peu enthousiaste à l'idée de défendre devant ses homologues européens une proposition «irréaliste», le ministre des Finances a tenté fin août de promouvoir une taxe sur les ventes d'armes, dont le produit irait aux pays en voie de développement. Dénoncée par Attac, fustigée par la gauche du PS et ignorée de Jospin, l'opération diversion a échoué.
Entre les contestataires de la mondialisation et le min




