Vice-présidente d'Attac, Susan George exhorte la «gauche française officielle» à abandonner son attitude de «gagne-petit». Faute de quoi une «partie de la gauche» fera défaut à Lionel Jospin au second tour de la présidentielle. Interview.
Peut-on encore contester la mondialisation après le 11 septembre?
Bien sûr. Certains, en France, ont profité des attentats pour essayer de nous criminaliser et pour nous qualifier d'antiaméricains. En fait, nous sommes «prosolidarités». Nos adversaires profitent de ces circonstances tragiques comme d'un prétexte au service de leur idéologie néolibérale. C'est un comportement qui serait ridicule... s'il n'était pas d'abord abject. Au contraire, notre programme apparaît plus pertinent encore.
Pourquoi?
Parce que l'on s'aperçoit enfin que nous avons laissé se développer de façon dangereuse le terreau des inégalités, qui produit ressentiment, frustrations et antiaméricanisme. Le seul marché ne peut le combattre. Nous avons besoin de politique pour endiguer sa pente naturelle qui est de récompenser ceux qui possèdent déjà. Attac veut éradiquer ce terreau en instaurant des taxes pour réduire l'écart Nord-Sud, en annulant la dette des pays pauvres, en fermant les paradis fiscaux. Même George W. Bush reconnaît que des réseaux terroristes utilisent ces paradis fiscaux... La véritable solidarité avec les Etats-Unis passe donc par une solidarité avec tous. On ne peut s'attaquer aux fanatismes si l'on n'est pas capable d'être généreux comme le furent les A




