La crise internationale ne veut voir qu'une seule tête. Frustrés de devoir se censurer pour cause de prééminence élyséenne, les socialistes ont hâte de sortir du rang. Samedi, lors de leur conseil national, à Paris, consacré à leur «projet international» pour 2002, ils ont fait entendre leur différence. Histoire de prendre date à l'orée d'une campagne électorale au cours de laquelle le PS promet, selon François Hollande, de «porter le fer aussi sur la scène internationale» car «les questions étrangères seront des questions domestiques».
Sortie chiraquienne. Le PS poursuit un double objectif: récupérer les succès des mouvements antimondialisation qu'il n'avait pas anticipés offrir une «traduction politique» à «ce qui se passe dans la société», traduit Hollande et se démarquer d'une droite partiellement convertie depuis les attentats antiaméricains aux bienfaits de la régulation. Les socialistes sont d'autant plus décidés à en découdre qu'ils ont été outrés par la dernière sortie chiraquienne. Le ministre des Affaires européennes, Pierre Moscovici, accompagnait Jacques Chirac jeudi dernier à Montpellier, lorsque celui-ci est sorti de son sujet, l'Europe, pour «taper sur la politique du gouvernement» (Libération du 5 octobre). Il en est revenu furieux contre «le mélange des temps et des genres» pratiqué par ce «chef de l'Etat qui est aussi un chef de l'opposition»: «Dans les moments un peu graves que nous vivons, on est en droit d'attendre autre chose...»
Pugnaces contre la




