Où piochera le candidat Jospin pour garnir sa besace programmatique? Il aura l'embarras du choix au vu des initiatives concurrentes qui se multiplient pour nourrir sa plate-forme présidentielle. Quitte, pour de nombreux socialistes, à délaisser le projet du parti, relégué au rang de «gesticulation intellectuelle», selon l'expression d'un dirigeant, depuis que l'inversion du calendrier électoral du printemps 2002 a placé la présidentielle avant les législatives.
Martine Aubry, elle-même, a beau être responsable du projet socialiste, elle garde sous le coude quelques idées à remettre en mains propres au futur candidat de son camp. Les ministres, eux, abreuvent de notes leur supérieur et le sollicitent pour des tête-à-tête politiques. Et le porte-parole du PS, Vincent Peillon, a trouvé un autre nid pour héberger sa «contribution personnelle»: la Fondation Jean-Jaurès, un «think tank» proche du PS qui, associé aux éditions Plon, publie le 7 novembre sa note intitulée Une démocratie moderne, écrite avec l'universitaire Philippe Guibert.
«Gérontocratie». Vincent Peillon y prône un spectaculaire «grand soir» institutionnel donnant naissance à un «régime présidentiel à la française». Il dresse d'abord un bilan sans appel des dégâts commis par Jacques Chirac dans le fonctionnement de la Ve République: «Que reste-t-il de la fonction présidentielle? Représenter la France à l'étranger, refuser de témoigner devant les juges et commenter, c'est-à-dire critiquer l'action gouvernementale?» Ma




