Lionel et moi, moi et Lionel... C'est à cette aune qu'il faut absorber l'abondante production éditoriale publiée ces dernières semaines par les proches du Premier ministre. En ce tour de chauffe de la campagne présidentielle, chacun se place dans la roue de Jospin, avec l'espoir de le servir, sans doute pour mieux être servi au cas où... Tous usent du miroir Jospin pour se peindre en rouage indispensable au bon fonctionnement de la mécanique. De souches jospinistes diverses, ils le font sur différents modes. Il y a l'intime qui le connaît depuis si longtemps, le félon ravi d'être revenu en Cour, le disciple qui se rêve en héritier, l'éminence grise qui aspire à la lumière, l'«ex» viré qui aimerait tant en être encore, et la petite dernière qui peine à faire ses preuves.
Vaillant, l'intime. Les états de service de Daniel Vaillant lui ont valu de décrocher une préface de «Lionel» lui-même qui lui confère son brevet de parenté: «J'ai de l'amitié pour ce livre sans doute parce que celui qui l'a écrit est mon ami.» Dès lors, le ministre de l'Intérieur peut placer ses pas dans ceux de son «ami» tout au long de C'est ça ma gauche (Plon). Leur première rencontre en 1975, l'accueil de Jospin dans le XVIIIe arrondissement de Paris, son sens du sacrifice: la vie de «Daniel» se lit comme un éternel dévouement à «Lionel». Par exemple, son refus d'entrer dans le gouvernement Bérégovoy de 1992 dont Lionel Jospin était évincé. Et lorsque les soutiens de Jospin se déchirent en 1994, entre les




