Pépère pour janvier. Jacques Chirac n'a pas l'intention de s'exciter pour le moment. Volontairement non polémique, il a souhaité, lors de ses voeux au gouvernement, jeudi, que la campagne présidentielle soit «intense et digne» sans «affrontements stériles entre les hommes». Son credo: «apparaître fédérateur», selon l'Elysée. C'est-à-dire sympa et «répondre dans ses discours aux aspirations» de toutes les catégories sociales. «Il joue son rôle de Président, il considère que ça le protège, il annoncera sa candidature le plus tard possible», note un de ses proches. Le tempo a été calé avant les fêtes de Noël. «On passe janvier, on s'organise en février, on part en mars», résume un des visiteurs du chef de l'Etat. «Ça ne nous pose aucun problème de voir partir Lionel Jospin fin février, avant nous», confirme un conseiller.
Angle d'attaque. Une stratégie qui a plusieurs avantages. En s'engageant le plus tard possible, Chirac repousse le moment délicat du passage du statut de Président à celui de candidat, avec une chute quasi automatique dans les sondages. L'Elysée mise aussi sur l'impatience de Lionel Jospin qui, pressé d'en découdre, pourrait commettre des faux pas. «Dans un tel duel, ce sont les fautes de l'autre qui font gagner», analyse un hiérarque du RPR. Jacques Chirac veut surtout attendre les indices économiques de fin janvier pour cadrer ses thèmes de campagne. «La situation économique est très incertaine. Comme Jospin fait de son bilan un point important de sa crédibil




