Auxerre envoyé spécial
La cohabitation à la mode d'Auxerre. Il y a d'abord eu comme un gros point d'interrogation sur le visage du chef de l'Etat venu, hier, à Auxerre, rejouer le coup de la «fracture sociale». En écho à l'Yonne républicain, qui titrait «Jacques Chirac cherche des emplois», Guy Ferez, le nouveau maire socialiste d'Auxerre, lui a fait part d'une certitude en l'accueillant. «Mondialisation» et construction européenne obligent «à la nécessité d'une fonction présidentielle affirmée dans toute sa certitude», a-t-il expliqué à son hôte pour le renvoyer à son bilan et à la dissolution de 1997. Ce constat dressé, Guy Ferez a donné dans le consensuel. Après avoir plaidé pour «une nouvelle étape de la décentralisation et du développement de la démocratie», deux thèmes chers à Jacques Chirac, il a dit sa «fierté» de recevoir un président de la République, à «son tour», quinze ans après avoir assisté à la visite de François Mitterrand en tant que premier adjoint de Jean-Pierre Soisson. C'était au temps où ce dernier avait quitté Giscard pour rejoindre le gouvernement Rocard avant de pactiser avec le FN pour se faire élire à la présidence de la région Bourgogne et rejoindre DL.
Copier-coller. «Guy Ferez est relativement très consensuel», a jugé le député RPR Philippe Auberger. Soisson a opiné. Et, pour ne pas gâcher cet accueil républicain, les chiraquiens ont évité toute mobilisation trop voyante devant l'hôtel de ville. Pas de banderoles, pas de cris «Chirac Président».




