Difficile de concilier vie professionnelle et vie privée aspiration numéro1 des «RTTisés» lorsque les écoles continuent de fermer à 16 heures, les services publics à 17 heures ? En France, la réduction du temps de travail fait émerger une réflexion politique sur la synchronisation des temps individuels et collectifs. Analyse de Jean-Yves Boulin, chercheur à l'Iris-université Paris-Dauphine, qui préside un comité d'experts européens sur les politiques du temps des villes (1).
En Italie ou en Allemagne, le temps est depuis longtemps au coeur des actions municipales. Pourquoi ce retard français ?
Parce que les politiques du temps initiées par les gouvernements successifs ont eu le temps de travail comme référence, et appréhendé celui-ci comme l'instrument d'une politique de l'emploi et de l'ef ficacité productive. Dans les années 70, il y a eu une réflexion sur une meilleure conciliation temps-espace. Pour éviter la France paralysée en août, on a étalé les congés et prôné l'individualisation des horaires de travail. La crise est arrivée et a replacé le temps de travail au centre de l'échiquier politique.
Et puis sont venues les 35 heures...
Les lois Aubry avaient un objectif de réduction du chômage. Elles n'étaient pas conçues pour favoriser une meilleure conciliation des temps de travail et ceux hors travail. La RTT a permis aux individus de se rapproprier ce temps et rendu nécessaire une réflexion sur les autres temps de la société.
Aujourd'hui, qui est porteur de cette réflex




