Huit femmes. Elles ont de 19 à 23 ans, sont étudiantes en histoire, lettres et langues à Paris-I et Paris-IV. Elles animent Sorbonne(s) Nouvelles, journal étudiant créé en 1986, dans le feu du mouvement anti-Devaquet. A l'époque, ses rédacteurs demandent s'il faut «jeter Marx aux poubelles de l'histoire». Et répondent que non. Quinze ans plus tard, le n° 74, qui vient de paraître, visite la bibliothèque de la Sorbonne, analyse «la mobilité internationale des étudiants», s'interroge sur «les étudiants et l'actu» et enfile les «perles de profs»: «En regardant la généalogie des Julio-Claudien, on se rend bien compte que "Nique ta mère" ça date pas d'aujourd'hui» (1). Autres temps.
«Guignolisation». Le n° 75 proposera néanmoins un dossier sur la présidentielle. Thème: «Les étudiants: une génération apolitique?». Reflet de leurs propres sentiments face à la campagne. Leur première. De celle de 1995, elles ne se souviennent guère: «C'était "Mangez des pommes", non?» Aujourd'hui, les Guignols énervent, même si Chirac «Supermenteur» leur plaît plus que le Chirac «Che» de 1995 «une imposture». «Le RPR, précise Aurélie, c'est une machine pour Chirac. T'enlèves la tête, y a plus rien». Lucie, rédac' chef du journal: «Quand on n'a pas beaucoup de références, on a du mal à saisir les enjeux. On nous raconte que Chirac se fait cracher dessus en banlieue. C'est anecdotique.» Bayrou a d'ailleurs marqué des points en dénonçant «la guignolisation de la vie politique». Dommage qu'il ait «tell




