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Libération

«Pour une cause, pas pour un parti»

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La vie politique jugée par les rédactrices d'un journal de la Sorbonne.

Publié le 18/03/2002 à 22h37

Huit femmes. Elles ont de 19 à 23 ans, sont étudiantes en histoire, lettres et langues à Paris-I et Paris-IV. Elles animent Sorbonne(s) Nouvelles, journal étudiant créé en 1986, dans le feu du mouvement anti-Devaquet. A l'époque, ses rédacteurs demandent s'il faut «jeter Marx aux poubelles de l'histoire». Et répondent que non. Quinze ans plus tard, le n° 74, qui vient de paraître, visite la bibliothèque de la Sorbonne, analyse «la mobilité internationale des étudiants», s'interroge sur «les étudiants et l'actu» et enfile les «perles de profs»: «En regardant la généalogie des Julio-Claudien, on se rend bien compte que "Nique ta mère" ça date pas d'aujourd'hui» (1). Autres temps.

«Guignolisation». Le n° 75 proposera néanmoins un dossier sur la présidentielle. Thème: «Les étudiants: une génération apolitique?». Reflet de leurs propres sentiments face à la campagne. Leur première. De celle de 1995, elles ne se souviennent guère: «C'était "Mangez des pommes", non?» Aujourd'hui, les Guignols énervent, même si Chirac «Supermenteur» leur plaît plus que le Chirac «Che» de 1995 ­ «une imposture». «Le RPR, précise Aurélie, c'est une machine pour Chirac. T'enlèves la tête, y a plus rien». Lucie, rédac' chef du journal: «Quand on n'a pas beaucoup de références, on a du mal à saisir les enjeux. On nous raconte que Chirac se fait cracher dessus en banlieue. C'est anecdotique.» Bayrou a d'ailleurs marqué des points en dénonçant «la guignolisation de la vie politique». Dommage qu'il ait «tell

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