Il y a la version délivrée par les socialistes : oui, le projet de Lionel Jospin est de gauche, oui, il est compatible avec un renouvellement du bail de la majorité plurielle après l'élection présidentielle. Et il y a la version des alliés du PS : Dominique Voynet parle de «déception», Robert Hue s'interroge sur les moyens. De la confrontation entre ces deux vérités dépend en grande partie le résultat du 5 mai. Lionel Jospin le sait : il ne peut être élu et ne peut gouverner qu'avec la gauche plurielle, chevènementistes exceptés. «C'est notre cap stratégique», réaffirmait François Hollande jeudi à Limoges. Si le projet présenté hier par le candidat socialiste s'adresse à tous les électeurs, à tous les Français, c'est d'abord à ce défi qu'il doit répondre.
Féru de manoeuvres politiques, Lionel Jospin s'était fixé deux axes stratégiques. La première étape, symbolisée par le slogan «Présider autrement», visait à métamorphoser un Premier ministre empêtré dans les impératifs de la gestion quotidienne en présidentiable capable d'attirer dans l'arène électorale un chef de l'Etat qui aurait bien aimé faire une campagne de Président. Cette partie-là est bien avancée. La deuxième phase s'incarne par un autre mot d'ordre : «Une France plus active, plus sûre, plus forte, plus moderne, plus juste», et vise à rassembler la gauche au second tour. De cet objectif, l'opuscule publié hier porte trace à chaque page. Maintien de la retraite par répartition, défense des services publics en glissa




