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Jospin, fier et ombrageux sur son bilan corse

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Hier dans l'île, il a défendu le bien-fondé du processus de Matignon.

Publié le 08/04/2002 à 22h57

Ajaccio envoyé spécial

Il y a dix-huit mois, Lionel Jospin avait fait un «pari pour la Corse». Samedi matin, à Ajaccio, il est venu dire sa vérité sur la Corse. Reprenant le fil du processus de Matignon, il a voulu répondre aux questions en suspens, solder une fois pour toutes l'affaire. «J'ai pensé qu'il fallait donner toutes ses chances à la paix civile et qu'il était peut-être difficile de renoncer immédiatement à la violence», s'est-il justifié devant mille sympathisants. Mais, a-t-il rappelé, le processus «ne pourra se poursuivre et s'achever qu'avec la renonciation à la violence». Comme on pose une borne pour demain, il a prévenu : «Dans le monde d'aujourd'hui, l'indépendance d'une île de 200 000 habitants n'a aucun sens et ne peut que conduire à la régression économique et sociale». Qu'importe les grincements de dents des nationalistes. Samedi, Lionel Jospin entendait apaiser les contempteurs du processus de Matignon, qui, sur l'île comme sur le continent, sont aussi des électeurs.

Fantômes. En cinq années, la Corse aura réservé à Lionel Jospin quelques-uns de ses pires moments, de l'assassinat du préfet Erignac au débat sur l'amnistie en passant par l'affaire des paillotes et la rupture avec Chevènement. Autant de fantômes, prompts à se réveiller. Pour y échapper, il avait choisi un déplacement bref : une matinée, précédée d'une demi-nuit, avec arrivée directe de Berlin. Et un terrain ami : Ajaccio, ville dirigée depuis un an par le socialiste Simon Renucci, mandataire

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