Pour la première fois, hier, Jacques Chirac a envoyé un signe sur son probable futur Premier ministre. Jusqu'à présent, sa ligne était: rien dire, rien faire qui puisse alimenter les fuites, fournir un angle d'attaque aux socialistes ou provoquer des remous à droite et gêner les reports de voix au second tour. Même en comité restreint, le candidat-président éludait la question. Hier, dans une interview à Centre-Presse, Jacques Chirac a couvert de fleurs Jean-Pierre Raffarin (lire ci-contre). Une première. Jamais, il ne s'était autant avancé en public. Ce qui ne veut pas dire qu'en privé, il n'a pas promis la charge à Nicolas Sarkozy, sans plus, pour éviter d'effrayer et de droitiser sa campagne présidentielle.
«Fayoter». «Depuis le début de la campagne, il y a eu beaucoup de leurres», ironise un proche du candidat en évoquant le nom de Philippe Douste-Blazy, le maire UDF de Toulouse. Voire celui de François Fillon, le président RPR de la région Pays de la Loire, qui a encore des supporters au Tapis rouge, le QG de campagne chiraquien. Mais rien comparé aux rumeurs qui entourent Jean-Pierre Raffarin, le président DL de la région Poitou-Charentes, ou Nicolas Sarkozy, le député-maire RPR de Neuilly. Chacun, à l'Elysée, a ses partisans. Et tous deux ont reçu des messages leur faisant miroiter Matignon.
La semaine dernière, le député-maire de Neuilly a déjeuné avec Alain Juppé avec lequel il avait signé, quelques jours plus tôt, une tribune commune pour défendre le programme économ




