Menu
Libération

Messier, l'épouvantail qui tombe à pic

Réservé aux abonnés

Matignon a su tirer profit de l'exclusion de Lescure.

Publié le 18/04/2002 à 23h04

Merci patron, merci Messier ! En limogeant Pierre Lescure, le PDG de Vivendi a rendu un fier service à Lionel Jospin. A la pioche «sujets d'actualité», le candidat socialiste n'avait tiré que des mauvaises cartes : faits divers, crise au Proche-Orient, antisémitisme. Son rival avait su imposer le thème de la sécurité, lui se sentait démuni et avait fini par s'y résigner. La crise à Canal + lui redonne de l'air.

Souder. La figure de Jean-Marie Messier, ci-devant maître du monde, est un épouvantail idéal pour souder l'électorat de gauche. Lionel Jospin aime les têtes de Turcs patronales. A Matignon, c'était le baron Seillière. Il y a peu, les socialistes avaient tenté de renouveler l'opération en pointant, derrière les promesses floues de Jacques Chirac, un «programme masqué», celui du Medef. En vain. Aussi, à quatre jours du premier tour, Messier est le PDG qui tombe à pic : non seulement c'est un capitaliste, mais, à en croire ses administrateurs et ses actionnaires, c'est un mauvais capitaliste. Avec la crise de Canal +, le débat électoral se trouve ramené vers l'économie, le social, les relations au sein des entreprises, la culture, «des thèmes qui sont les points forts traditionnels de la gauche», note le socialiste Jean-Christophe Cambadélis. Le projet jospinien prévoit, justement, plusieurs dispositions sur ces sujets. Par exemple, la représentation des salariés au conseil d'administration des entreprises et la défense de l'exception culturelle. Une bonne nouvelle n'arri

Dans la même rubrique