Le regroupement autour du PS et de l'UMP entraîne mécaniquement un sévère laminage des autres tendances. Les unes, comme Lutte ouvrière, se replient sur leurs bases des précédentes législatives, mais les autres, plus récentes, tels les Chasse Pêche Nature Traditions ou le Pôle républicain, s'effritent, voire implosent.
Chevènement en «fer à cheval»
Chevènement représente bien ce dernier cas de figure. Celui qui était encore le troisième homme en mars dernier se retrouve aux alentours de 1 % des voix. Son implantation erratique montre surtout que le Pôle républicain n'a pas d'assise territoriale en dehors de la bonne ville de Belfort. Aux régionales de 1994, où il approchait les 3 %, son territoire s'étendait au moins à la Franche-Comté, à un morceau de la Lorraine et de la Champagne. Aujourd'hui, ses seuls scores élevés sont réalisés par des socialistes sortants qui ont eu la gentillesse de le suivre dans ses aventures, tels Suchod en Dordogne, Seux dans le Pas-de-Calais ou Sarre à Paris. Cette écrasante défaite sanctionne sans doute une manoeuvre inopportune. Ce que l'on a appelée le «fer à cheval» des partis sous la République de Weimar pour qualifier les rapprochements des «rouges» et des «bruns» n'est plus à l'ordre du jour, même sous sa version édulcorée de rassemblement de la droite populiste et de la gauche autoritaire. Comme à tout «fer à cheval», il a manqué à celui-ci une consistance idéologique qui lui donne prise sur un courant traditionnel de la politique ou sur u




