Avec un peu plus de détermination, Jospin aurait-il pu obtenir le désistement de la candidate du PRG (Parti radical de gauche), Christiane Taubira ? Ce ne sera pas faute d'avoir été averti. Fin juin 2001, à Matignon, lors du dernier dîner des chefs de la majorité, le président du PRG, Jean-Michel Baylet, le met en garde contre la multiplication des candidatures de la gauche plurielle : Verts, PCF, MDC. «Attention ! prévient Baylet. Je crains qu'à ce rythme-là, la majorité plurielle n'implose au début de l'été et n'explose dès la rentrée avec la reprise des débats parlementaires.» Jospin répond qu'«il est légitime que les composantes de la majorité s'expriment dans cette campagne à travers un candidat» ; que là n'est «pas le souci» ; que tous seront réunis «pour le second tour». A l'automne, le premier secrétaire du PS, François Hollande, ne manifeste pas plus de volonté d'empêcher le PRG d'y aller : «S'il n'y a pas de candidat PRG, on sera content. Mais s'il y en a un, cela ne nous gênera pas non plus.» Deuxième mauvais coup. Le 1er décembre, Christiane Taubira, députée non radicale de Guyane, est investie candidate par 81 % des radicaux de gauche. La veille, recevant Roger-Gérard Schwartzenberg, son ministre PRG de la Recherche, Jospin lui dit sa préférence pour une candidature commune.
Rien ne bouge jusqu'à la fin de l'hiver. Le 2 mars, à l'initiative de Schwartzenberg, Jospin déjeune avec Baylet juste avant le match de rugby France-Angleterre. Encore une fois, le patron




