Les vipères se ramassent à la main. Des vipères aspics, des couleuvres esculapes que Xavier Bonnet capture dans la forêt de Chizé, près de Niort. Un système D simple et efficace : il a dispersé des plaques ondulées en fibrociment. Lorsqu'il fait frais mais que le soleil perce, les serpents se glissent dessous pour se chauffer la peau. Il suffit alors de faire la tournée des plaques et, en général, la récolte est bonne pour le chercheur du centre d'études biologiques de Chizé : «Contrairement aux chevreuils ou aux oiseaux très nombreux dans cette partie de la forêt, 2 500 hectares clôturés, les serpents sont faciles à attraper.» Parmi les sujets qui passionnent ce défenseur de la cause des serpents, espèce mal-aimée des scientifiques comme du grand public, leurs stratégies de reproduction.
Ce jour-là, Xavier et Kevin, l'un de ses étudiants, vont relâcher des serpents qu'ils avaient emportés au laboratoire à l'endroit exact où ils les ont trouvés. En route, ils attrapent deux couleuvres ; elles sont déjà marquées. Aussi les chercheurs se contentent-ils de les remesurer, les pèsent, vérifient qu'elles sont en bonne santé et les relâchent. Du 15 mai au 15 juin, période de reproduction, une grosse mortalité sévit : les mâles se font écraser quand ils courent après la femelle. Si, en la poursuivant, un mâle en croise un autre, ils se combattent, s'entrelacent et testent leur force. Le plus faible cède devant le plus fort, qui suit alors la piste de la femelle grâce au parf




