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Libération

Matignon, la tentation des micros zélés

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Des consignes de Cavada ont semé le trouble à Radio France.

Publié le 31/10/2002 à 1h36

Retour des vieux démons interventionnistes de la droite ou initiatives individuel les tenant de l'excès de zèle ? L'attention que porte le gouvernement à la façon dont certains médias audiovisuels retracent son action a récemment suscité quelques dérapages. Au point de faire souffler un vent d'inquiétude dans les couloirs de Radio France. Plusieurs consignes du président directeur général, Jean-Marie Cavada, relatives au contenu politique de l'antenne, y ont semé le trouble. Et la société des journalistes (SDJ) y a carrément vu la main du Premier ministre.

Editorialiste convoqué. Mi-septembre, la SDJ a ainsi affiché un tract sur les murs de la Maison ronde. Elle y dénonçait des pressions exercées sur les journalistes de la rédaction «de la part du Premier ministre et de son directeur de cabinet», via le PDG, Jean-Marie Cavada. Ces pressions auraient eu pour effet, sur France Inter, d'«influencer le thème d'une chronique qui touchait à la politique», de provoquer «le retrait d'un présentateur de l'antenne» et d'inciter «à ce que l'on entende le Premier ministre dans tou tes les tranches d'information du matin». Quelques jours plus tard, un tract du SNJ (Syndicat national des journalistes) a dénoncé les mêmes agissements. Un présentateur a, par exem ple, été brutalement déplacé au motif qu'il n'avait pas placé l'action du gouvernement en tête de l'information du jour. Un éditorialiste politique a été, lui, convoqué par le PDG, qui lui a demandé de changer l'angle d'une chroniqu

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