Avec sa réforme fétiche, Jean-Pierre Raffarin a décidément du mal à séduire l'Assemblée nationale. Dans son texte sur la décentralisation, le Premier ministre a déjà accordé au Sénat une prééminence pour l'examen des textes relatifs aux collectivités locales, qui fait grincer bien des dents de députés (Libération d'hier). Hier après-midi, il n'a pas dû remonter sa cote au Palais-Bourbon : il a séché l'ouverture de la discussion générale de son projet de loi constitutionnelle. A cause d'un «raté de calendrier» de la part du gouvernement. Matignon n'avait en effet pas enregistré qu'avant le début de la discussion les députés devaient voter l'ensemble de la loi de finances. Ainsi, Jean-Pierre Raffarin n'aurait pu intervenir dans l'hémicycle... qu'à l'heure précise où il s'était engagé à s'exprimer devant les maires réunis pour leur 85e congrès, porte de Versailles, à Paris.
Il a donc décidé de différer de vingt-quatre heures son intervention au Palais-Bourbon. Et le congrès des maires lui a servi de répétition générale. Pour une «intervention inaugurale» qui n'a été que modéré-ment applaudie par les 5 000 édiles. Comme si, là aussi, sa grande oeuvre ne rassurait guère.
Raffarinades. Durant quarante-cinq minutes, le Premier ministre s'est efforcé d'apaiser ces craintes diffuses en enfilant raffarinade sur raffarinade «le maire est un piéton qui marche» , sans rien dévoiler de vraiment concret de son «acte II en matière de décentralisation». Il s'est borné à préciser que les «ex




