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Libération
Interview

«Une forme de monarchie républicaine»

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Publié le 22/01/2003 à 21h55, mis à jour le 22/01/2003 à 21h55

L'historien Max Gallo, proche de Jean-Pierre Chevènement, analyse la pompe de la «monarchie républicaine» française, illustrée notamment par la tradition des voeux présidentiels.

Les voeux élyséens sont-ils un résidu de l'Ancien Régime ?

L'historien médiéviste Marc Bloch disait qu'il y a deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France : ceux qui ne sont pas émus par le souvenir du sacre de Clovis à Reims et ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790. Cette phrase illustre la continuité historique de la France, pays très tôt centralisé et qui n'a pas cessé de l'être, des surintendants de l'Ancien Régime aux préfets de la République. On ne peut pas comprendre la République française, ses formes et la façon dont elle se vit, si l'on ne tient pas compte de ses racines monarchiques, et même catholiques. Même la construction de l'amitié franco-allemande en a été imprégnée : en 1962, quelques mois avant la signature du traité de l'Elysée, de Gaulle et Adenauer ont assisté ensemble à une messe à la cathédrale de Reims...

Un poids de l'Etat qui se traduit par une déférence outrancière vis-à-vis de son chef ?

Il est vrai qu'il existe une forme de monarchie républicaine qui offre des privilèges exorbitants au monarque. Il suffit de songer aux grands travaux du Président. Ce respect dû au chef de l'Etat va se nicher jusque dans des détails : par exemple, lorsque, porte-parole du gouvernement, j'assistais aux Conseils des

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