Stockholm, de notre correspondant.
L'insolente santé des sociaux-démocrates suédois dans une Europe bleuie fascine les socialistes européens, à commencer par les Français. De 1932 à 1976, ils n'ont jamais lâché le pouvoir. Depuis, ils ne l'ont quitté qu'une dizaine d'années. L'actuel Premier ministre, Göran Persson, aux commandes depuis 1996, vient de renouveler son mandat de quatre ans en septembre lors des législatives où le Parti social-démocrate (PSD) est arrivé largement en tête avec 39,8 % des voix. «Nous continuons, comme d'habitude...», a déclaré au soir du scrutin Anna Lindh, ministre des Affaires étrangères.
Hargneux. Pas étonnant que l'on entende régulièrement l'opposition dénoncer l'hégémonie, un système de parti unique, voire, pour les plus hargneux, une dernière république soviétique. Mais quel argument, en période électorale, pour le PSD que de pouvoir mettre en avant une telle expérience ! Et d'asséner: «Nous avons construit le "folkhemmet"», le «foyer du peuple», soit l'Etat-providence dans la terminologie sociale-démocrate. Sous-entendu : qui mieux que nous pourra le défendre ? Un argument qui porte lorsque deux électeurs sur trois dépendent de l'Etat et des communes pour une bonne part de leurs revenus, sous formes de salaires ou d'allocations diverses.
Comment imaginer aujourd'hui que la Suède était, il y a un siècle, l'un des plus pauvres pays d'Europe ? Une de ses chances a été, grâce à sa neutralité, de conserver son appareil de production intact au cours




